En France, plus de 3,8 millions de personnes vivent avec un diabète traité médicalement, dont plus de 90 % avec un diabète de type 2 (DT2).1, 2 Pouvant rester silencieux des années, ce dernier peut pourtant entraîner de graves complications s’il n’est pas pris en charge à temps.1 Comprendre ce qu’est le diabète de type 2, comment il se diagnostique et comment il se traite est une première étape essentielle pour mieux le vivre au quotidien.

Qu’est-ce que le diabète de type 2 ?
Le diabète de type 2 est une maladie métabolique chronique caractérisée par une hyperglycémie, c’est-à-dire un excès persistant de sucre (glucose) dans le sang. Il se distingue du diabète de type 1, qui est une maladie auto-immune dans laquelle l’organisme ne produit plus ou presque plus d’insuline, parce que les cellules qui la fabriquent sont détruites par le système immunitaire. Dans le diabète de type 2, le pancréas continue à produire de l’insuline, mais l’organisme ne l’utilise plus efficacement : c’est ce que l’on appelle l’insulinorésistance. Avec le temps, le pancréas s’épuise et finit par ne plus produire suffisamment d’insuline pour compenser.3
Cette maladie est multifactorielle et évolutive. Elle se développe généralement après 40 ans, avec un âge moyen au diagnostic d’environ 65 ans, et est favorisée par un ensemble de facteurs : surpoids ou obésité, sédentarité, alimentation déséquilibrée, antécédents familiaux, âge avancé ou encore certains facteurs génétiques.1, 4
En 2023, 5,6 % de la population française faisait l’objet d’une prescription médicamenteuse pour un diabète, dont plus de 9 cas sur 10 correspondaient à un DT2.1 À l’échelle mondiale, selon la Fédération Internationale du Diabète, environ 589 millions d’adultes vivent avec un diabète, et ce chiffre pourrait atteindre 853 millions d’ici 2050.5
Comment diagnostique-t-on le diabète de type 2 ?
L’un des enjeux majeurs du diabète de type 2 est qu’il évolue longtemps de façon silencieuse, sans symptôme notable.1 Selon une estimation, 28 % des patients sont diagnostiqués au stade des complications donnant lieu à l’hospitalisation.5 Or, plus le diagnostic est posé tard, plus les complications sont susceptibles de s’être développées.1
Afin de diagnostiquer un diabète de type 2, une prise de sang est nécessaire. Elle permet de mesurer la glycémie.1 Selon la Haute Autorité de Santé (HAS) et Ameli, le diagnostic est confirmé dans l’un des cas suivants4, 6 :
- Glycémie à jeun (jeûne nocturne de 10 à 12 heures) supérieure ou égale à 1,26 g/L (ou 7,0 mmol/L) et constatée à 2 reprises à un mois d’intervalle
- Glycémie supérieure ou égale à 2 g/l, à n’importe quel moment de la journée, avec ou sans symptômes évocateurs de diabète
- Glycémie à jeun comprise entre 1,10 et 1,25 g/l (6,0 et 6,8 mmol/l), le diagnostic d’hyperglycémie modérée à jeun (prédiabète) est posé.
En dehors de ces situations, les personnes présentant des facteurs de risque doivent bénéficier d’un dépistage régulier. Pourtant, plus d’un français sur deux déclare ne jamais avoir réalisé un dépistage du diabète. Un chiffre inquiétant au regard des enjeux de santé publique.5
Quels sont les symptômes du diabète de type 2 ?
Dans la plupart des cas, le diabète de type 2 ne provoque aucun symptôme pendant plusieurs années.1 Lorsqu’ils apparaissent, les signes peuvent inclure : une soif excessive (polydipsie), des urines fréquentes et abondantes (polyurie), une diminution du poids (amaigrissement) accompagnée d’une augmentation de l’appétit, une fatigue inhabituelle, des démangeaisons au niveau des organes génitaux, des troubles de la vision, des infections à répétition, ou encore une cicatrisation lente des plaies.6
L’absence de symptômes visibles explique pourquoi le diagnostic est si souvent posé tardivement, parfois même directement au stade des complications. C’est pourquoi un dépistage proactif chez les personnes à risque est essentiel.1, 6
Une prise en charge globale et individualisée
Selon les recommandations de la HAS de mai 2024, la prise en charge d’un patient vivant avec un diabète de type 2 est globale, plurielle et doit être individualisée en fonction du profil de chaque patient. Elle repose sur deux grands axes complémentaires.7

En première intention : modifications des habitudes de vie
Avant toute mise en place d’un traitement médicamenteux, des changements durables des habitudes de vie sont proposés comme traitement de première ligne. Ces modifications thérapeutiques du mode de vie (MTMV) comprennent 7 :
- Un programme nutritionnel individualisé, adapté à l’âge, au poids initial, au comportement alimentaire et au contexte socio-économique du patient ;
- La lutte contre la sédentarité par la promotion d’une activité physique régulière et adaptée ;
- L’éducation thérapeutique, structurée et portée par une équipe pluridisciplinaire, pour acquérir des compétences d’autogestion de la maladie.
Ces mesures non médicamenteuses doivent être initiées dès le diagnostic (y compris en cas de prédiabète) et poursuivies tout au long de la prise en charge, même lorsqu’un traitement médicamenteux est introduit.1
En deuxième intention : le traitement médicamenteux
Si les objectifs glycémiques fixés avec le patient ne sont pas atteints par les seules modifications des habitudes de vie, un traitement médicamenteux est proposé. Plusieurs classes de médicaments antidiabétiques existent, qui agissent par des mécanismes différents. Elles peuvent être administrées seules (en monothérapie) ou associées entre elles (bithérapie ou trithérapie).7 Le choix du traitement médicamenteux tient compte du profil complet du patient : statut cardiovasculaire et rénal, présence de comorbidités (surpoids, obésité, insuffisance cardiaque…), risque d’hypoglycémie, préférences du patient, et tolérance aux effets secondaires.1, 7
Quelle que soit la stratégie choisie, une réévaluation tous les 3 à 6 mois est nécessaire pour ajuster le traitement en fonction de son efficacité, de sa tolérance et des préférences du patient.7, 8
Le suivi au long terme : une surveillance régulière indispensable
Le diabète de type 2 étant une maladie évolutive, un suivi médical régulier (médecin traitant, diabétologue et spécialistes) est essentiel pour prévenir les complications.8 Ce suivi a pour objectifs principaux de :
- suivre l’évolution de votre diabète ;
- évaluer l’efficacité et la bonne tolérance des soins ;
- s’assurer d’une prise en charge optimale ;
- vous apprendre à “gérer” votre maladie au quotidien.
Ce suivi comprend notamment 8:
- le contrôle régulier de l’HbA1c (hémoglobine glyquée), reflet de l’équilibre glycémique sur les 3 derniers mois ;
- la surveillance de la fonction rénale (créatininémie, DFG, albuminurie) ;
- la surveillance de la fonction hépatique (ASAT, ALAT) ;
- le dépistage et le traitement de l’hypertension artérielle et des dyslipidémies (cholestérol HDL/LDL, triglycérides) ;
- le suivi ophtalmologique (suivi des yeux) annuel pour dépister la rétinopathie diabétique ;
- l’examen des pieds pour prévenir les complications podologiques (pied diabétique) ;
- le suivi bucco-dentaire pour dépister et traiter d’éventuelles lésions des dents et des gencives ;
- les examens cardiovasculaires (électrocardiogramme de repos et d’effort) pour détecter d’éventuelles complications cardiaques).
Ce bilan peut être annuel ou adapté au rythme du patient en fonction de ses facteurs de risque. Il est aussi l’occasion de réévaluer l’adhésion au traitement, la qualité de vie et les besoins en éducation thérapeutique.8
Conclusion : agir tôt pour vivre mieux avec le diabète de type 2
Le diabète de type 2 est une maladie chronique dont l’évolution peut être maîtrisée grâce à une prise en charge précoce et globale. Les modifications des habitudes de vie, les traitements médicamenteux adaptés et un suivi régulier permettent de limiter considérablement les complications et d’améliorer la qualité de vie.
Si vous avez des facteurs de risque ou si vous ressentez des symptômes qui pourraient évoquer un diabète, n’attendez pas : parlez-en à votre médecin traitant. Un diagnostic précoce est la clé.
Source :
- Inserm. Diabète de type 2. https://www.inserm.fr/dossier/diabete-type-2/. Dernier accès le 13 avril 2026
- Santé publique France. Le diabète en France continue de progresser. Novembre 2024. https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/le-diabete-en-france-continue-de-progresser. Dernier accès le 15 avril 2026
- Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Diabète. 14 novembre 2024. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/diabetes. Dernier accès le 14 avril 2026
- HAS. Prévention et dépistage du diabète de type 2 et des maladies liées au diabète. Octobre 2024. https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/referenciel_pratiques_diabete.pdf. Dernier accès le 13 avril 2026
- Fédération Française des Diabétiques. Chiffres du diabète en France. 2025. https://www.federationdesdiabetiques.org/information/diabete/chiffres-france. Dernier accès le 15 avril 2026
- Ameli. Symptômes et diagnostic du diabète. 30 juillet 2025. https://www.ameli.fr/seine-saint-denis/assure/sante/themes/diabete-adulte/diabete-symptomes-evoluti on/diagnostic-diabete. Dernier accès le 13 avril 2026
- Haute Autorité de Santé (HAS). Stratégie thérapeutique du patient vivant avec un diabète de type 2. Validée par le Collège le 30 mai 2024. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-06/strategie_therapeutique_du_patient_viv ant_avec_un_diabete_de_type_2_-_recommandations.pdf. Dernier accès le 14 avril 2026
- Ameli. Suivi d’une personne diabétique : les fondamentaux. Juillet 2025. https://www.ameli.fr/seine-saint-denis/assure/sante/themes/diabete-adulte/diabete-suivi/surveillance-fondamentaux. Dernier accès le 15 avril 2026
FR26DI00016 – Juin 2026